mardi 26 janvier 2021

Pour que vive la Sécu ! PETITION A SIGNER NOTRE CNAFAL EST SIGNATAIRE

 

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Alors que le gouvernement souhaite, avec le projet de loi 2021 de financement de la Sécurité Sociale, effectuer un nouveau tour de vis austéritaire, comme le forfait urgence de 18 euros, et s’appuyer sur la COVID pour des réformes structurelles contraires à l’ambition de solidarité de la Sécurité Sociale, nous lançons un appel pour défendre et reconquérir la Sécurité Sociale, notre bien commun, et ouvrir le chantier de son extension pour un nouveau progrès de société. Ce n’est ni aux salariés ni aux retraités de payer la crise !
Réunis à Saint-Étienne, à l’occasion du 75ème anniversaire de l’ordonnance du 4 octobre 1945 créant la Sécurité Sociale, nous appelons à créer les conditions d’une large mobilisation, d’actions d’éducation populaire, de gestes symboliques, comme nommer des rues Ambroise Croizat, des débats, et des temps forts communs.
Nous devons créer le rapport de force nécessaire pour que le financement de la Sécurité Sociale réponde aux besoins de la population au lieu de viser à réaliser de nouvelles économies.

La Sécurité Sociale, conçue par le Conseil National de la Résistance, a été mise en place sous la responsabilité du ministre communiste du travail, Ambroise Croizat avec un but : protéger « les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent ».
Ses principes sont d’une modernité saisissante : unicité (institution unique et obligatoire), universalité (couvrir tous les citoyens), solidarité et démocratie.
Son financement repose sur les cotisations sociales, part prélevée sur les richesses produites hors de toute sphère marchande. Mutualisées pour répondre aux besoins sociaux, elles donnent corps à un double principe de solidarité : « je cotise selon mes moyens et reçois selon mes besoins »; pas de lien entre celui qui paie et celui qui reçoit, contrairement au système assurantiel. C’est le principe de la solidarité intra et intergénérationnelle.
Instituer un droit universel à la protection sociale fait société ! Ces sommes, supérieures au budget de l’État, échappent aux marchés financiers.
A cause de cela le patronat et de nombreux gouvernements n'ont eu de cesse de restreindre le rôle de la Sécurité sociale et d'en prendre le contrôle. Dès 1967, par ordonnance est créée la division en branches distinctes et la suppression de l'élection des administrateurs, principe fondamental de démocratie. L'instauration du paritarisme patronat-salariés ouvre la porte aux régressions successives. Le plan Juppé de 1995, faisant voter par le parlement la LFSS et limitant les dépenses publiques de santé par l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) modifie profondément la gestion de la Sécurité Sociale, en transférant à l'Etat le pouvoir de décision.
La mise en cause de la Sécurité Sociale continue avec le gouvernement actuel dans un but : la transformer en un simple filet de sécurité pour les plus pauvres, fracturant la société et donnant le champ libre à l’assurance complémentaire privée pour celles et ceux qui en ont les moyens, à la capitalisation, alimentant les marchés financiers.
C’est l’objectif de la réforme des retraites que le gouvernement prévoit de remettre sur le tapis et de l’imbrication de plus en plus étroite des budgets de l’État et de la Sécurité Sociale
Les tours de passe-passe financiers et de gouvernance pour la mise en place d’une cinquième branche couvrant la perte d’autonomie confirment cette volonté de porter atteintes aux principes solidaires de la Sécurité Sociale.
La décision de laisser à la charge de la Sécurité Sociale 136 milliards de dettes de cette année et de celles à venir pour la Sécu (techniquement, par son transfert à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES-) traduit la volonté de maintenir la pression sur le déficit pour continuer les politiques austéritaires. Est-ce à la Sécu de supporter cette dette liée à la COVID et aux décisions de l’Etat ? Ne devrait-elle pas être au moins l’occasion d’être financée à taux zéro, voir négatif comme pour les emprunts d’Etat ?
Face à cette volonté de détruire les institutions de solidarité de 1945 (Sécurité sociale, droits politiques et sociaux, services publics) nous devons trouver les ressorts d’une nouvelle dynamique convergente. Nous devons aussi faire progresser notre société à travers le développement de la Sécurité Sociale. Des propositions existent que nous souhaitons mettre en débat :

• Le « 100 % sécu » pour la maladie en lien avec le refus des dépassements d’honoraires et l’exigence d’un pôle public du médicament au moment où des laboratoires s’enrichissent sur le dos de la Sécu.
Le nécessaire développement de la prévention suppose par ailleurs d'autres politiques publiques de l’alimentation, du logement et de l’environnement.

- Les retraites doivent rester un revenu socialisé issu du travail avec un régime à prestations définies basé sur la répartition solidaire et sur un ensemble de garanties collectives de haut niveau.
- Un droit universel à la prise en compte de la perte d’autonomie doit être institué avec une prise en charge à 100 % par la solidarité nationale dans le cadre de la Sécurité sociale d’une part et du service public d’autre part. Nous refusons la logique individuelle qui conduit au recours aux assurances privées.

- Comme pour la maladie ou les retraites, pour les familles (enfants, logement) ou les accidents du travail et maladies professionnelles, l’ambition originelle d’assurer le bien-être de tous de la naissance à la mort doit être développée.
- Ce bien commun de la population doit être géré démocratiquement. Pour cela ne faut-il pas que l’élection des administrateurs de la Sécurité Sociale redevienne la règle ?
Cela doit être associé à une nouvelle démocratie sanitaire et sociale associant usagers, élus et représentants des salariés dans toutes les instances décisionnelles et à tous les niveaux: la population doit avoir son mot à dire sur la définition des droits et des besoins et des choix à faire.
- Indissociablement, ne faut-il pas que la pérennité de ses ressources soit garantie et donc sortie des jeux budgétaires conjoncturels en les faisant reposer de façon prépondérante sur les cotisations ? Les libéraux veulent faire croire que les cotisations sociales seraient des « charges », alors que les dépenses pour les travailleurs, pour le financement de la Sécurité Sociale permettent la création de richesses. Nous appelons à rebours à mettre en cause le coût du capital. Ce coût explose avec la distribution de généreux dividendes aux actionnaires.
Nous mettons aussi en débat de nouveaux financements de la Sécurité Sociale. Ne faudrait-il pas :

- remettre en cause les exonérations et exemptions de cotisations, actuellement autour de 60 milliards d'euros par an qui n'ont pas fait la preuve de leurs effets sur l'emploi et en attendant rétablir la compensation par l'Etat des pertes de recettes qu'elles entraînent ?
- apporter des recettes nouvelles en supprimant les plafonds de cotisations, en soumettant à cotisations des revenus comme l'intéressement, les stocks options, les primes de départ des dirigeants d'entreprises, les revenus financiers des entreprises, en pénalisant les entreprises qui diminuent l’emploi, les salaires, ne respectent pas l’égalité entre les femmes et les hommes ou l’environnement ?

- augmenter aussi massivement les rentrées de cotisations sociales par la création d’emplois, l’augmentation des salaires, l’application réelle de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, la lutte contre la souffrance au travail, et contre la fraude sociale, essentiellement patronale ?

La Sécurité Sociale est notre bien commun.
Ni régression des droits, ni ouverture aux financements privés !
Au XXIème siècle, ce sont des droits nouveaux qui sont nécessaires pour la sécurité des femmes et des hommes et pour l’émancipation humaine.



vendredi 22 janvier 2021

Quelle huile utiliser pour quelle cuisson ? avec l'Indecosa-CGT







 Il existe deux sortes d’huiles végétales : vierge ou raffinée selon le nombre d’extractions.



Les huiles vierges sont celles qui ne subissent qu’une seule extraction par simple pression, tandis que les raffinées sont celles qui subissent une deuxième extraction, par solvant ou à la vapeur, et une désodorisation.

 

A chaque huile, son utilisation.

 

Les huiles raffinées d’arachide ou de tournesol sont idéales pour la friture. Leur point de fumée est élevé, autour de 230°. Ces huiles raffinées résistent mieux à la chaleur grâce au processus de nettoyage à la vapeur ou à la soude caustique.

 

Les huiles neutres comme l’huile de tournesol ou de pépin de raisin sont bonnes à utiliser pour des cuissons à la poêle. Elles ne laissent que peu de goût et ne risquent pas de brûler.

 

Pensez également à l’huile coco, l’huile d’amande ou l’huile d’olive raffinée. Il est fortement déconseillé de faire chauffer les huiles aromatisées car l’aromatisation passe par l’infusion de morceaux de piment ou d’épices qui risquent de brûler. De plus, le goût s’évapore à la cuisson.

 

Pour changer du traditionnel beurre, il est possible d’utiliser une huile ou graisse animale qui durcit à température ambiante. Dans un gâteau, on peut remplacer le beurre par de l’huile coco, du beurre de cacao ou du beurre de karité. Dans un cake salé, troquez votre beurre par de la graisse de canard ou du saindoux.

 

Enfin, pour l’assaisonnement, privilégiez les huiles vierges, qui sont pressées à froid. Certaines sont riches en omégas, de bons acides gras, comme l’huile de colza, plutôt neutre en goût ou l’huile d’olive, beaucoup plus fruitée, mais aussi les huiles de noix, de sésame, de noisette, d’avocat, de lin ou d’argan, avec un goût assez marqué pour parfumer vos salades.

Le plafonnement des frais d'incidents bancaires avec Famille Rurales

 




L’accumulation des frais bancaires devient vite très onéreuse dans le budget des personnes qui rencontrent des difficultés économiques, rendant encore plus difficile la possibilité de se sortir de ces problèmes financiers. Les frais bancaires sont plafonnés pour les personnes en fragilité financière. Depuis le 1er novembre 2020, cela concerne les personnes qui ont eu 5 incidents de paiement au cours d'un même mois.



Ce sont, par exemple, les frais de rejet d’un prélèvement pour provision insuffisante. Ces clients voient leurs frais pour incidents plafonnés à 25 € par mois pendant 3 mois, au lieu d'une durée inférieure et variable selon les établissements bancaires, précédemment.

 

Un client est considéré comme fragile dans les cas suivants :

 

  • s'il accumule 5 irrégularités ou incidents de paiement au cours d'un même mois,
  • si son dossier de surendettement est en cours de traitement et non plus seulement s'il est en situation de surendettement,
  • s'il est inscrit pendant 3 mois consécutifs au fichier de la Banque de France centralisant les incidents de paiement de chèques.

Si vous êtes en situation financière difficile, votre banque est tenue de vous proposer par écrit, une offre bancaire spécifique.

 

Proposée à un tarif modéré, 3 euros maximum par mois, cette offre comprend un minimum de services bancaires.

 

Pour les clients qui bénéficient de l’offre spécifique "client fragile" de leur banque, ces frais sont limités à 20 € par mois.

 

Vérifiez que cette offre vous a été faite et si vous pouvez en bénéficier, surtout, soyez vigilant sur la gestion de votre budget pour éviter les incidents de paiement.

 

Consomag

lundi 18 janvier 2021

De quelle façon agir contre les vices cachés affectant un logement ancien, lors de son achat ?

 

 


 

De quelle façon agir contre les vices cachés affectant un logement ancien, lors de son achat ?



L’acquéreur est en principe bien protégé car le vendeur doit garantir l’acheteur contre les défauts cachés du bien vendu. Et s’ils apparaissent, il doit en assumer les conséquences et accepter que la vente soit annulée et donc restituer le prix à l’acquéreur ou, si ce dernier choisit de conserver le bien, le dédommager. Cette réglementation, favorable à l’acquéreur, le protège, sauf si le vendeur est un particulier, c’est-à-dire un non professionnel de l’immobilier.

 

L’acquéreur est alors empêché d’agir à cause d’une clause qui est automatiquement insérée dans les actes de ventes notariés, en vertu de laquelle vous acceptez de prendre le bien dans l’état où il se trouve, tel que vous l’avez vu et visité.

 

Quel que soit le vendeur du bien, un particulier ou un professionnel, a obligation de donner une information complète à l’acquéreur sur l’état du bien au moment de la vente.

 

Pour autant, il peut arriver que le vendeur particulier soit de mauvaise foi. L’acheteur dispose alors de deux ans à compter de la découverte des désordres pour faire valoir auprès des tribunaux la garantie des vices cachés. L’action n’est envisageable que si le problème découvert est suffisamment grave rendant le logement inhabitable ou diminuant tellement son usage que l’acquéreur ne l’aurait pas acquis, ou pas à ce prix.

 

En présence d’un vendeur particulier, il faudra en outre prouver la mauvaise foi du vendeur. Le faisceau d’indices doit permettre au juge de dire "il le savait" : la pose de carrelage pour camoufler un mur humide, de l’enduit et de la peinture neuve pour masquer des fissures.

Consomag

Le Débit d’Absorption Spécifique (DAS), évalue l’énergie des ondes électromagnétiques absorbé par le corps humain, lors de l’utilisation d’un équipement radioélectrique, comme le téléphone portable

 

 


 

Le Débit d’Absorption Spécifique (DAS), évalue l’énergie des ondes électromagnétiques absorbé par le corps humain, lors de l’utilisation d’un équipement radioélectrique, comme le téléphone portable. Une partie de l’énergie transportée par les ondes électromagnétique est absorbée par le corps humain. Le DAS s’exprime en Watt par kilogramme (W/kg). Les terminaux radioélectriques, notamment des téléphones portables, ne doivent pas dépasser des valeurs limites de DAS.



Pour effectuer ces tests, les laboratoires utilisent un mannequin rempli d’un liquide simulant les tissus humains. Ce mannequin a la forme d’une tête, pour évaluer les effets de l’usage du téléphone à l’oreille et d’un plan, pour le DAS tronc, correspondant à l’usage dans une poche de veste ou dans un sac. Pour les deux niveaux d’évaluation, la limite supérieure du DAS est de 2 W/kg.

 

Tous les revendeurs de téléphones portables ont l’obligation d’afficher en magasin cette valeur du DAS, sous peine de sanction, si elles sont manquantes, fausses ou sous-estimées. Les publicités doivent également en faire mention.

 

De plus en plus de sites de vente en ligne présentent cette information qui est également disponible sur le forum des fabricants de mobiles, car la réglementation française exige que le DAS soit inscrit dans la notice d'emploi des téléphones mobiles.

 

Les gestes à adopter lors de l’utilisation d’un téléphone mobile en vue de réduire son exposition aux radiofréquences sont les suivants :

 

  • privilégier les messages texte pour communiquer,
  • utiliser le kit mains libres,
  • privilégier les zones de bonne réception,
  • éviter de maintenir son téléphone à l’oreille pendant les transports,
  • éviter les conversations trop longues.

De façon plus générale, pour tous les utilisateurs, privilégier l’acquisition de téléphones affichant les DAS les plus faibles.

 

> Pour en savoir plus, consultez le site : www.anfr.fr

 

lundi 11 janvier 2021

Google en sait-il plus que l’Insee sur les Français ?

Le blog de l'Insee


Google en sait-il plus que l’Insee sur les Français ?

Benoît Ourliac, d’après l’intervention de Jean-Luc Tavernier, directeur général de l’Insee, aux Journées de l’économie (JECO) 2020

Les grandes entreprises numériques, dont Google, recueillent des volumes considérables de données sur leurs clients. Ces nouvelles sources de données présentent des attraits indéniables, et viennent défier la statistique publique. L’Insee peut et doit naturellement tirer avantage des possibilités qu’elles ouvrent, comme il a déjà commencé à le faire depuis plusieurs années. Néanmoins, l’apport de ces nouvelles sources de données ne peut être jugé en bloc, toutes ayant leurs spécificités : la donnée ne fait pas l’information statistique, et encore moins la compréhension de phénomènes économiques ou sociaux complexes pour éclairer les débats publics. C’est autant grâce aux données qu’elle traite qu’au cadre institutionnel qui entoure ces traitements que la statistique publique remplit cette mission, fondamentale pour la vie démocratique.

Les évolutions technologiques entraînent une inflation des « traces numériques » des activités humaines, dans des champs de plus en plus étendus. Les volumes de données enregistrées par les entreprises, au premier rang desquelles Google, sont considérables, et sans commune mesure avec ce que l’Insee collecte traditionnellement par le biais d’enquête ou de données administratives.

Il y a toutefois une différence fondamentale entre Google et l’Insee dans le traitement de l’information. L’objet social de l’Insee est de diffuser des chiffres et des analyses sur des données agrégées, qui ne peuvent être reliées à un individu particulier au-delà des caractéristiques qu’il partage avec un groupe plus large (âge, niveau de vie, catégorie sociale, lieu de résidence, etc.). L’Insee ne sait pas ce que vous recherchez sur internet, de quel produit vous avez envie, quels sont vos centres d’intérêts ou avec qui vous êtes en relation… Le modèle économique de Google est à l’inverse d’exploiter de l’information au niveau individuel. Mais l’exploitation agrégée de ces données individuelles peut être un produit peu coûteux et porteur d’information statistique : il est donc légitime de se demander si toutes ces « traces numériques » peuvent se substituer aux collectes classiques de la statistique publique, voire si Google peut remplacer l’Insee dans ses missions.

Des « traces numériques » pour prévoir l’activité à très court terme ?

Le premier atout des « traces numériques » est leur disponibilité quasi instantanée. Le suivi de l’activité économique est ainsi un candidat naturel pour leur utilisation dans le champ de la statistique publique. L’Insee exerce ainsi depuis plusieurs années une veille sur la capacité des données moissonnées sur Internet pour mesurer les phénomènes économiques en temps réel (nowcasting) [Données massives, statistique publique et mesure de l’économie, L’économie française – Comptes et dossiers, Édition 2017]. Il l’a notamment fait à partir des fréquences des mots-clés recherchés sur Google mesurées par Google Trends. Les résultats sont assez mitigés, pour des raisons bien identifiées :

  • Les séries disponibles sur Google Trends ne correspondent pas à un comptage exhaustif des termes retenus, mais à un échantillonnage avec des retraitements (par exemple des redressements pour corriger de la diffusion croissante d’Internet et de Google) qui ne sont pas documentés et peuvent introduire de l’instabilité. Après tout, Google n’a pas pour objectif la cohérence temporelle, mais une amélioration constante de son moteur de recherche, ce qui conduit forcément à une instabilité de la source.
  • Il n’est pas possible de connaître le contexte des requêtes effectuées, qui peuvent avoir des motivations très diverses et sans rapport avec l’activité économique que l’on cherche à mesurer. Par exemple, on peut taper « automobile » parce qu’on veut s’acheter un véhicule, mais on peut aussi vouloir se renseigner sur le dernier scandale dans le secteur. Les requêtes peuvent aussi réagir à l’actualité médiatique, voire n’être que l’écho des propres publications des instituts statistiques !

Une alternative à la collecte traditionnelle de données par les instituts statistiques ?

Même si cela ne concerne pas spécifiquement Google, le recours aux « traces numériques » peut être envisagé comme une alternative à la collecte traditionnelle des instituts nationaux statistiques (INS).

Ainsi dans le domaine de la mesure de l’inflation, une des missions les plus emblématiques des instituts statistiques nationaux, un projet de collecte automatisées des prix sur Internet, le Billion Prices Project, a été lancé à la fin des années 2000 au MIT. Cette initiative est d’autant plus notable qu’elle a été développée en dehors du champ de la statistique publique, et justement pour pallier les carences de celle-ci en Argentine (puis ultérieurement au Venezuela). Sans surprise, les défaillances de la statistique argentine ont été confirmées. Sur les pays les plus développés, il n’y a pas d’écart systématique avec ce que mesurent les INS sur le champ restreint des produits et des points de ventes couverts : par définition, ce projet ne couvre que les prix de vente en ligne de produits vendus en ligne, alors que l’inflation mesurée par les INS est représentative de la totalité de la consommation des ménages1.

Beaucoup d’INS — dont l’Insee bien sûr — se sont mis à collecter des prix sur Internet, pour tenir compte du commerce électronique et des tarifs de plus en plus différenciés (en France, 160 000 prix sont ainsi collectés chaque mois pour le transport aérien, 350 000 pour le transport ferroviaire). Mais l’abandon des relevés de prix dans les points de vente physiques n’est pas envisageable pour continuer à mesurer précisément l’inflation. D’autres modes de collecte, comme les données de caisse de la grande distribution, ont été développés pour tirer avantage des « traces numériques » laissés par les consommateurs dans ces points de ventes physiques.

Au mieux un complément

De fait, peu de statistiques publiques seraient aisément remplaçables exclusivement par une moisson de données disponibles sur le web, ou plus largement par le recueil indirect de « traces numériques » laissées par les ménages ou les entreprises. Au mieux cela peut compléter ou enrichir une collecte traditionnelle. En effet, les enquêtes menées auprès des entreprises ou des ménages par l’Insee reposent souvent sur des protocoles assez lourds, des questionnaires relativement longs car il s’agit de mesurer des phénomènes complexes qu’il n’est ni possible ni souhaitable de déléguer à une observation indirecte.

On peut penser par exemple à la situation sur le marché du travail au sens du BIT : pour se passer de l’interrogation directe des ménages, il faudrait notamment disposer d’informations détaillées (et disproportionnées au regard de la finalité) sur leur emploi du temps, pour bien mesurer les démarches pour chercher un emploi et la disponibilité pour en occuper un ; quant au souhait de trouver un emploi, troisième critère pour caractériser les chômeurs au sens du BIT, impossible de le mesurer sans interroger directement les personnes concernées. De plus, cette implication des ménages peut contribuer à la confiance dans les statistiques sur un sujet aussi important dans le débat public, plutôt que des estimations issues d’observations indirectes sur lesquelles les citoyens n’auraient aucune prise [Chômage : les Français mentent-ils aux Français ?, Note de blog].

Par ailleurs, la demande sociale ne faiblit pas pour ce type d’enquêtes, et la révolution numérique des données de ces dernières années n’a en rien freiné les besoins de connaissance de phénomènes sociaux, qui ne laissent pas de « traces numériques » directes : pour citer quelques exemples, handicap et dépendance, séparations familiales, sans domicile fixe, conditions de travail, trajectoire des immigrés et descendants d’immigrés, etc.

À cela s’ajoutent les problèmes classiques, mais essentiels pour un institut statistique, de représentativité. Les capacités et compétences numériques de la population sont très inégalement réparties et peuvent entraîner de fait des biais de sélection sévères [Une personne sur six n’utilise pas Internet, plus d’un usager sur trois manque de compétences numériques de base, Insee première n°1780]. Il faut également mentionner le peu d’information dont on dispose sur les parts de marché des entreprises numériques et les caractéristiques de leurs clients : les données d’une entreprise ne sont jamais que représentatives des seuls clients de cette entreprise.

Absence d’équipement Internet et illectronisme en 2019
en % de la population des 15 ans et plus

Absence d’équipement Internet et illectronisme en 2019
Source : enquête TIC Ménages 2019
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Un intérêt renouvelé dans le contexte de la crise sanitaire actuelle

Dans le contexte actuel de crise sanitaire et des mesures de confinement prises par les pouvoirs publics, la statistique publique s’est mobilisée pour répondre au besoin de mesurer rapidement l’ampleur du choc économique et social [Nouvelles données pour suivre la conjoncture économique pendant la crise sanitaire : quelles avancées ? quelles suites ?, Note de blog]. Le recours à des indicateurs à haute fréquence s’est imposé, pour leur disponibilité quasi instantanée naturellement mais aussi parce que la collecte traditionnelle ne pouvait pas toujours être assurée de façon satisfaisante. Les problèmes de qualité évoqués précédemment ont pu temporairement être relégués au second plan, du fait de l’ampleur du choc et parfois de l’absence d’alternative.

L’Insee a privilégié pour cela les indicateurs les plus directs de l’activité économique (les transactions par carte bancaire, et dans une moindre mesure les consommations d’électricité ou encore des données sur le fret), mais pas de façon exclusive. La confrontation entre les informations, assez qualitatives, qui remontaient des fédérations professionnelles ou des grandes entreprises d’une part, et ces données quantitatives à haute fréquence d’autre part, qui se sont révélées très cohérentes, a permis de donner un ordre de grandeur de la chute de PIB et de consommation dès la dernière semaine de mars.

Mais il n’y a pas eu de travail équivalent de la part de la plupart des autres instituts nationaux statistiques, et il faut bien reconnaître que pour prendre la mesure du choc et le comparer entre pays, les indicateurs de mobilité publiés par Google (et d’autres entreprises numériques) peuvent apparaître séduisants pour combler ce vide.

Pourquoi ont-ils de la pertinence ? Parce qu’il s’agit avec le confinement de chocs très particuliers, dont la première manifestation est la diminution brutale des déplacements (domicile-travail, ou dans des centres commerciaux) ; et les déplacements, c’est que ce Google mesure le plus directement, à travers les services utilisant la géolocalisation de ses clients. De plus, les services de Google sont les mêmes dans tous les pays, ce qui pourrait éventuellement conduire à des données homogènes et comparables entre pays.

Les indicateurs de mobilité : il se passe quelque chose…mais quoi exactement ? Et de quelle ampleur ?

Les indicateurs de mobilité de Google montrent ainsi remarquablement la chute des déplacements à la mi-mars, la reprise plus graduelle au mois de mai, autour du déconfinement, et le nouveau choc consécutif au couvre-feu puis au 2e confinement. Il en va de même pour les autres indicateurs de mobilité rendus disponibles par Apple ou Facebook.

Les indicateurs de mobilité : il se passe quelque chose...mais quoi exactement ? Et avec quelle ampleur ?
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Il faut signaler que la méthodologie de construction des indicateurs de mobilité de Google est inconnue, mais qu’à ce « petit » détail près, la documentation à l’usage des utilisateurs est très bien faite, et d’ailleurs remarquablement prudente :

« Ces données représentent un échantillon de nos utilisateurs. Elles ne reflètent donc pas nécessairement le comportement exact d’une population plus importante. » (et de fait on ignore si les données sont redressées, et si oui comment).
« Évitez de comparer des lieux entre plusieurs régions. Les régions peuvent présenter des différences locales au niveau des données, ce qui peut induire en erreur. Nous ne recommandons pas d’utiliser ces données pour comparer les variables entre pays ».

Pour les tendances de mobilité d’Apple, les données sont générées à partir des recherches d’itinéraire faites dans l’application Apple Plans. Le fort accroissement de l’usage de la voiture à l’été est singulier. La méthodologie n’est pas là non plus détaillée, mais la documentation se veut tout aussi prudente :

« Comme Apple Plans ne recueille pas de données démographiques sur ses utilisateurs, il est impossible de dire si les chiffres issus de l’application sont représentatifs de l’ensemble de la population. »

Facebook détaille un peu plus sa méthodologie mais fournit un avertissement similaire (en anglais uniquement) :

« It is important […] to consider their limitations. Different data sources will produce mobility estimates that reflect the demographic and geographic coverage of the owners of devices they come from. We expect these to be biased, both across different geographies and among different demographic groups, and must therefore be interpreted in their particular social, economic and political context. »

L’Insee a eu pour sa part temporairement accès à des données agrégées sur l’activation des antennes relais de l’opérateur Orange, et a pu construire des indicateurs de mobilités à partir des distances parcourues sur une plage matinale où les déplacements domicile-travail sont les plus fréquents. Les données ne vont malheureusement pas au-delà de la première phase du déconfinement, fin mai, Orange n’ayant pas souhaité prolonger l’accès gratuit à ses données pour l’Insee.

Les courbes sont similaires, mais lorsque l’on essaie de comparer la quantification de l’évolution des déplacements selon les différents indicateurs, les ordres de grandeur sont loin d’être convergents. Il est donc malaisé d’en retirer autre chose comme information qu’il s’est produit des modifications de grande ampleur dans les déplacements de la population.


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Certains types de mobilité sont liés à des comportements économiques précis et mesurés par ailleurs par la statistique publique, sans en être une observation directe. C’est le cas notamment des déplacements dans les points de vente du commerce avec les ventes au détail, bien qu’ils n’en soient ni une condition nécessaire (du fait de la vente en ligne) ni suffisante (le déplacement en magasin n’entraîne pas forcément des achats). La confrontation de cet indicateur de mobilité de Google avec les ventes au détail en volume mesurées par les instituts nationaux statistiques donne des résultats très disparates : il y a beaucoup de pays où les ventes au détail ont moins chuté que ce que ces indicateurs laisseraient penser, d’autres où l’ampleur du choc initiale en mars/avril est correctement reflétée. Les divergences entre cet indicateur de mobilités et les données « en dur » s’accroissent avec le déconfinement. Il est peu probable que le plus ou moins grand dynamisme du commerce en ligne puisse expliquer ces divergences.


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Un autre indicateur, mesurant le temps passé au domicile, peut donner en creux une mesure de la présence des actifs sur les lieux de travail, dont l’activité économique dépend naturellement. Et il y de fait une très bonne corrélation entre cet indicateur et l’évolution du PIB au fil de l’année 2020. Est-ce qu’on tient là un formidable indicateur anticipé de l’activité, ou bien s’agit-il d’une simple coïncidence ? C’est impossible à savoir, mais en ces temps où le télétravail se développe massivement, le temps passé au domicile peut difficilement à lui seul permettre de prévoir l’évolution de l’activité.


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L’information statistique est indissociable de l’environnement institutionnel qui la produit

Il est incontestable que les « traces numériques » recueillies par les entreprises comme Google sur leurs clients représentent des volumes de données considérables. Mais le volume ne fait pas tout : passer de la donnée à de l’information statistique ne va pas de soi, et de l’information statistique à des savoirs utiles pour guider l’action publique ou tout simplement éclairer nos concitoyens sur l’état de l’économie et de la société non plus. Sans méconnaître l’intérêt de ces données, la statistique publique ne peut en tirer parti que par une maîtrise de toute la chaîne de production qui conduit de l’enregistrement de ces « traces » à leur restitution sous forme d’information statistique dans le débat public. Ce n’est pas aujourd’hui le cas. Leurs limites en termes d’information statistique peuvent être rapidement atteintes, même dans le contexte actuel de crise sanitaire où leurs avantages intrinsèques évoqués en introduction sont pourtant renforcés.

La statistique publique se distingue enfin avant tout par les conditions de son exercice : tout ce que l’Insee sait des Français est public, de même que la façon dont ces savoirs sont construits ; son programme de travail est orienté par les demandes sociales, exprimées à travers le Conseil national de l’information statistique (Cnis), et son indépendance vis-à-vis de toute influence extérieure est contrôlée par l’Autorité de la statistique publique (ASP). Nul ne sait aujourd’hui tout ce que Google sait des Français, encore moins pour quelles finalités il produit ces savoirs et avec qui il les partage.

 

La Caf propose un nouveau service à tous les parents séparés ou en cours de séparation.

 

 

 

La Caf propose un nouveau service à tous les parents séparés ou en cours de séparation. Elle peut désormais jouer un rôle d’intermédiaire pour faciliter le versement de la

et préserver l’intérêt des enfants.

 

Vous êtes le parent qui reçoit la pension : la Caf la collecte tous les mois auprès de votre ex-conjoint(e) et vous la verse directement.

Vous êtes le parent qui verse la pension : vous effectuez tous les mois le paiement à la Caf et non à votre ex-conjoint(e). C’est alors la Caf qui prend le relais en versant la pension à l’autre parent.

Vous pouvez bénéficier de ce service si :

  • Vous avez un/des enfant(s) ;
  • Vous êtes séparé(e) de votre ex-conjoint(e), ou en cours de séparation ;
  • Une pension alimentaire a été fixée dans un titre exécutoire : c’est un document officiel* qui valide le montant de la pension et qui permet à la Caf d’agir en cas d’impayé.

Vous n’avez pas besoin de l’accord de l’autre parent pour le demander.
 

Comment faire une demande ?

 

Vous êtes séparé(e) :

  • Si vous avez un dossier de recouvrement des pensions alimentaires en cours avec la Caf, vous n’avez rien à faire. La Caf vous contactera une fois que toutes les pensions impayées auront été récupérées pour vous proposer d’être l’intermédiaire pour le versement des pensions à venir.
  • Si vous n’avez pas demandé d’aide au recouvrement des pensions alimentaires, rendez-vous sur le site www.pension-alimentaire.caf.fr pour faire une demande d’intermédiation financière.

 

Vous êtes en cours de séparation : veillez à ce que la mention « intermédiation financière » soit inscrite dans le titre exécutoire* qui fixe le montant de votre pension alimentaire. Si vous passez par un professionnel de Justice (avocat, notaire, greffe de Tribunal), il fera directement le lien avec la Caf pour lui adresser votre demande.

* jugement, convention homologuée par le juge, convention de divorce devant avocat déposée chez le notaire, acte reçu en la forme authentique par un notaire ou titre exécutoire délivré par la Caf (en savoir plus sur www.pension-alimentaire.caf.fr)

 

Le saviez-vous ?

Si vous êtes concerné(e) par une pension alimentaire, la Caf peut aussi :
  • vous aider à en simuler le montant et vous délivrer gratuitement un titre exécutoire si vous n’étiez pas marié(e) ;
  • vous verser, sous certaines conditions, une aide financière si vous élevez vos enfants seul(e) : l’allocation de soutien familial ;
  • récupérer les pensions impayées auprès de l’autre parent, dans la limite des 24 derniers mois, même si vous êtes à nouveau en couple.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.pension-alimentaire.caf.fr ou appelez le 32 38 (prix d’un appel local).