mardi 22 août 2017

FIPRONIL : L'ANSES N'A PAS LE DROIT DE CONCLURE A L'ABSENCE DE RISQUE par le réseau environnement santé

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Montreuil, le 21 août 2017


FIPRONIL : L'ANSES N'A PAS LE DROIT DE CONCLURE A L'ABSENCE DE RISQUE

Au moment où vont se tenir les Etats Généraux de l'Alimentation, l'affaire des œufs au fipronil illustre la nécessité d'avoir un nouveau regard sur les risques environnementaux et sur le rôle joué par l'alimentation dans ces risques.

Le rapport de l'ANSES publié le 11 août dernier conclut à un risque négligeable mais les autorités continuent néanmoins de retirer les œufs et les produits dérivés et de tuer les volailles contaminées. L'opinion est à juste titre en droit de se demander où est la vérité.

Il serait plus cohérent de parler en fonction de la nature du risque, ce qui passe par la différentiation claire entre le risque aigu et le risque chronique, mais aussi devrait amener à pointer les insuffisances de connaissances pour répondre à la question du risque.

Le risque aigu correspond à la probabilité d'observer un effet sanitaire à court terme. Pour le fipronil, il est faible si on extrapole à l'humain les effets observés chez l'animal et au regard des cas d'intoxication humaine décrits dans la littérature.

Le risque chronique correspond à la probabilité d'effets survenant des années, voire des décennies plus tard, à la suite d'une exposition qui peut même être de courte durée, notamment si elle a lieu pendant la grossesse.

Pour juger de l'ampleur du risque chronique, il faut évaluer :
  • les différents effets possibles
  • les différentes sources d'exposition
Dans le cas du fipronil, les normes utilisées pour juger du risque reposent sur les études de toxicité chronique chez le rat et un effet (convulsions) dont l'intensité augmente avec la dose. ll existe une dose à laquelle cet effet ne survient pas, ce qui permet de déduire une norme en appliquant des facteurs de sécurité.

Le discours des autorités repose sur cette norme. Mais est-ce bien l'effet le plus pertinent ? La perturbation des hormones thyroïdiennes est mise en évidence chez le rat, avec notamment la survenue de cancers de la thyroïde à la plus forte dose. C'est ce qui a conduit l'Agence de Protection de l'Environnement des Etats-Unis à classer le fipronil comme cancérogène possible. Cet effet n'a pas été retenu pour servir de base à la définition d'une norme au motif que le mécanisme serait spécifique au rat. Ce point est aujourd'hui remis en cause. Des données nouvelles font apparaître le fipronil comme perturbateur endocrinien notamment des hormones thyroïdiennes à partir d'un autre mécanisme. Dans ce cas, il faut juger du risque par rapport aux autres substances susceptibles d'avoir le même effet, voire évaluer l'effet cocktail (sur 28 pesticides testés, 15induisent cet effet). La question mérite d'être prise en compte sérieusement car le cancer de la thyroïde progresse partout dans le monde (doublement en 10 ans) et notamment en France (taux multiplié par 5 depuis 1980). Or on ne peut pas continuer d'expliquer cette progression par le simple effet du dépistage.

Quelles sont les autres sources d'exposition ?

Pour juger du risque lié au fipronil, il faut connaître toutes les sources d'exposition car l'organisme humain ne fait pas la différence entre ce qui vient des œufs et ce qui vient d'autres sources. Une source d'exposition potentielle importante est celle liée aux animaux domestiques. Il est paradoxal de continuer d'utiliser le fipronil comme antipuces chez les chiens et les chats sans s'interroger sur la contamination humaine, car, par principe, un animal domestique se caresse et la substance passe ainsi sur la peau, voire peut être ingérée chez l'enfant qui va se sucer les doigts. L'animal domestique va aussi transférer le fipronil dans l'habitation. Une étude américaine a montré une présence dans les poussières domestiques 15 fois plus élevée que dans celles de l'air extérieur. Avec quelles conséquences du point de vue exposition pour la famille, notamment pour les jeunes enfants ?

Il faut par ailleurs aujourd'hui connaître les différentes sources d'exposition notamment via les produits dérivés des œufs.
Le fipronil s'accumule dans les graisses. Une exposition de courte durée peut ainsi contribuer à une exposition de longue durée car le fipronil va être relargué petit à petit à partir de la dose stockée dans les graisses.

En conclusion

Au vu des questions posées notamment celles concernant la perturbation endocrinienne ou les autres sources d'exposition, il n'est pas possible aujourd'hui de dire comme le fait le rapport de l'ANSES que le risque à long terme est négligeable sans apporter des réponses à ces questions.

De façon plus générale, cette affaire montre que si notre système de sécurité sanitaire est performant sur le plan du risque à court terme, principalement celui de type biologique, il n'est par contre pas suffisamment adapté à la lutte contre le risque chimique à long terme. Cela montre la nécessité d'une politique ambitieuse de Santé environnementale pour pouvoir répondre rapidement aux questions posées pour évaluer le risque chronique. Cette question doit être débattue à l'occasion des Etats Généraux de l'Alimentation pour penser un nouveau modèle alimentaire qui ne se soucie pas de produire toujours plus mais aussi de produire mieux c'est-à-dire en ne nuisant pas à la santé.


http://www.reseau-environnement-sante.fr/cp-fipronil-lanses-na-droit-de-conclure-a-labsence-de-risque/

Nos interventions dans les media :
http://www.reseau-environnement-sante.fr/securite-alimentaire-attention-a-assiette/
http://www.20minutes.fr/sante/2115651-20170810-oeufs-contamines-perquisitions-realisees-belgique-pays-bas
-- 
Maïté Gérard
Chargée de campagne "Villes et Territoires sans PE"
Réseau Environnement Santé (R.E.S)
Mundo Etic, 47 Av. Pasteur, Montreuil (93100)
01.80.89.58.37
http://www.reseau-environnement-sante.fr/

vendredi 18 août 2017

À rebours du Plan Migrants, la société civile se rassemble autour d’une Conférence nationale citoyenne sur la politique migratoire de la France

À rebours du Plan Migrants, la société civile se rassemble autour d’une Conférence nationale citoyenne sur la politique migratoire de la France

Près de 260 associations et collectifs de solidarité et de défense des droits humains lancent l’organisation d’une Conférence nationale citoyenne sur l’accueil et les droits des personnes migrantes en France. Elles publient leur appel sur Mediapart et Bastamag ce 25 juillet.
Cette décision des acteurs associatifs et de citoyens est une réponse au Plan Migrants du Gouvernement publié la semaine dernière. Ce dernier ignore les propositions portées par celles et ceux qui, sur le terrain, agissent pour le respect de la dignité et des droits des personnes migrantes en France, et pallient l’absence ou l’insuffisance de volonté et de moyens de l’État.
Alors que les demandes de dialogue et de concertation des membres de la société civile restent sans réponse, ces derniers décident aujourd’hui de lancer un processus de concertation et de propositions entre tous les acteurs, afin de montrer, expériences à l’appui, qu’il est possible d’accueillir dignement et autrement les migrants dans notre pays.
Cette Conférence nationale citoyenne se tiendra fin 2017.

LIRE LA SUITE

provocations, diffamations et injures non publiques présentant un caractère raciste ou discriminatoire

Décret n° 2017-1230 du 3 août 2017 relatif aux provocations, diffamations et injures non publiques présentant un caractère raciste ou discriminatoire

NOR: JUSD1714912D
ELI: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2017/8/3/JUSD1714912D/jo/texte
Alias: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2017/8/3/2017-1230/jo/texte


Publics concernés : personnes poursuivies ou condamnées ; magistrats.
Objet : renforcement de la répression des provocations, diffamations et injures non publiques à caractère raciste ou discriminatoire.
Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le lendemain de sa publication.
Notice : le décret améliore la lutte contre les manifestations de racisme, de sexisme et d'homophobie pouvant se produire dans des lieux non publics, comme au sein des entreprises ou des établissements scolaires. Il renforce à cette fin la répression des contraventions de provocation, diffamation et injure non publiques à caractère raciste, sexiste, homophobe ou handiphobe, dans des conditions similaires à ce qui a été prévu dans la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse par la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et la citoyenneté pour les délits de provocations, diffamations et injures racistes ou discriminatoires commises de façon publique.
Il prévoit que ces diffamations et injures non publiques constitueront, comme les provocations, des contraventions de la cinquième classe, punies d'une amende maximale de 1 500 euros ou 3 000 euros en cas de récidive, et non plus des contraventions de la quatrième classe punies d'amendes inférieures de moitié.
Il élargit ces infractions aux cas où elles sont commises en raison de l'identité de genre de la victime, afin de mieux lutter contre la transphobie, et il substitue à la notion de race, qui n'est pas applicable aux êtres humains, celle de « prétendue race » comme cela a été fait dans les dispositions législatives du code pénal par la loi du 27 janvier 2017.
Il ajoute pour ces infractions la peine complémentaire de stage de citoyenneté, qui existe désormais pour les délits prévus par la loi du 29 juillet 1881.
Références : les dispositions du code pénal et du code de procédure pénale modifiées par le présent décret peuvent être consultées, dans leur rédaction issue de ces modifications, sur le site Légifrance (http://www.legifrance.gouv.fr).


Ventes forcées, conseils de l'INC

La vente sans commande préalable - La vente forcée par correspondance




Vous avez changé de fournisseur d'énergie bien que vous n'ayez fait aucune demande en ce sens et signer aucun contrat. De même, vous avez reçu un livre à votre domicile alors qu'aucune commande n'a été effectuée. Un courrier accompagnant votre colis vous invite soit à le renvoyer, soit à le garder moyennant son paiement.

Cette pratique est interdite par le code de la consommation et par le code pénal. En effet, elle exerce une forme de pression sur le destinataire qui, se sentant contraint, finit par payer le prix demandé plutôt que de procéder au renvoi, souvent à ses frais.
A noter que cette pratique est le plus couramment nommée "envoi forcé" ou "vente forcée".

Cette fiche de l’INC vous donne les clés pour reconnaître une telle pratique et vous détaille les sanctions auxquelles s’expose le professionnel ainsi que les moyens mis à votre disposition pour exercer un recours.

LIRE LA SUITE